L’assertivité, la clé des relations épanouies

L’assertivité devient un concept très tendance de nos jours, notamment dans le domaine des ressources humaines. Mais qu’en est-il réellement ? Qu’est-ce que l’assertivité ? Qu’apporte-t-elle ou que modifie-t-elle dans les relations à soi mais également à l’autre ?

L’assertivité en question

L’assertivité qu’est-ce que cela signifie ? Ce terme « est la traduction littérale de l’américain « assertiveness » qui n’est pas récent puisqu’il apparaît dans la plume d’un psychologue new-yorkais en 1950. On a francisé le mot, ce qui ne facilite pas pour autant la compréhension du sens qu’il revêt. Au contraire, « assertivité » ne fait penser à rien d’autre. Plus lisible en anglais, pour le définir en français, il faut au minimum 5 termes différents ! Assumer. Respect. Réciprocité. Maîtrise. Positive. » explique Frédéric Lévy, dans un article de RH Info de mars dernier.

L’assertivité, c’est le fait de savoir exprimer ce que l’on pense et ce que l’on ressent, à la fois dans le respect de soi-même, mais également dans le respect de l’autre. C’est-à-dire savoir communiquer de façon respectueuse, l’un des enjeux majeurs des décennies à venir, dans la sphère privée, comme professionnelle. Savoir nommer ses désaccords, dire ce qui va, comme ce qui ne va pas, sans pour autant « attaquer » directement l’autre et mettre ainsi tout en œuvre pour qu’aboutisse une solution qui convienne à tous. Car « notre façon d’entrer en relation avec l’autre va influencer l’inter-relation », affirme Sylvie Grivel, auteur d’Être soi dans ses relations.

L’assertivité se nourrit de confiance : en soi et en l’autre, mais aussi d’estime de soi.

Une fois posé ce postulat, restent à déterminer les conditions d’un terreau fertile pour développer notre assertivité, pour oser dire et savoir que l’on sera écouté avec bienveillance. Ainsi la mise en place d’un climat de confiance s’appuie-t-elle sur la transparence dans les relations, la cohérence dans les discours (ce qu’on fait, ce qu’on dit, ce que l’on demande), la reconnaissance de chacun et enfin la protection : ne pas être sanctionné pour avoir exprimé ses désaccords, ni voir utiliser contre soi ses propres propos. « Si l’on porte un regard positif sur une personne, et si l’on croit en ses capacités, dit encore Sylvie Grivel, cela lui donne l’autorisation de nous le démontrer. » L’assertivité permet aussi de formuler des demandes, en posant clairement leur légitimité. Oser demander, c’est aussi accepter que l’autre puisse répondre par la négative sans se sentir rejeté.

« Souvent en adoptant un comportement assertif, en disant les choses avec honnêteté sans craindre le regard de l’Autre, on crée des relations plus saines et on optimise la communication interpersonnelle autour de soi. » complète Frédéric Lévy. Gagner en authenticité permet à l’autre de changer son comportement en retour.« Car l’assertivité, c’est souvent le moyen de régler quelque chose, de trouver des solutions. C’est probablement en cela que ce comportement est essentiel dans la vie professionnelle. »

L’assertivité permet de formuler des critiques constructives

Une critique, bien que la connotation actuelle lui donne un sens plutôt négatif, peut tout à fait devenir constructive. Il suffit pour cela d’exprimer clairement ce qui nous dérange tout en respectant celui à qui on adresse notre message. Notre interlocuteur doit bien sûr être la personne directement concernée par la critique, ou alors un supérieur hiérarchique qui a le pouvoir de décision. Il sera ainsi en capacité d’y répondre. Le fait d’adresser une critique à un groupe n’est pas efficace, car cela ne résoudra probablement pas le problème. Bien choisir son interlocuteur permet de mettre toutes les chances de notre côté de voir le problème trouver une solution. La critique peur être agressive lorsqu’elle est formulée sous le coup de l’émotion. Réfléchir à la formulation(une critique à la fois), choisir le moment, le lieu (sans tierce personne), le mode d’expression (l’oral est fortement recommandé), permet que cette critique soit le mieux reçue possible et puisse aboutir. Sylvie Grivel préconise ainsi « le modèle DESC » : Décrire les faits, Exprimer ses émotions (utiliser le « je »), Suggérer des solutions, et enfin nommer les Conséquence positives qui en découleraient.

L’assertivité pour oser dire non

Mais les pouvoirs de l’assertivité ne s’arrêtent pas là. Savoir exprimer son ressenti, formuler une critique constructive constituent en soi de bonnes bases pour une relation plus saine. Il reste néanmoins à savoir poser des limites pour se respecter soi : lorsque l’on souhaite faire valoir ses droits (ou ses envies), signifier à l’autre que nos limites ont été franchies ou lorsque l’on estime que l’on nous manque de respect. Oser dire non a donc des conséquences positives ! Souvent nous préférons employer diverses stratégies d’évitement afin de ne pas prononcer ce « non » qui nous positionnerait pourtant clairement. Reporter sa réponse, choisir le mensonge, trouver une solution de remplacement, prononcer un « oui » qui signifie non, accuser l’autre, se fermer à la discussion, fuir… Choisir une communication assertive vous permet de formuler ce non, en accord avec ce que vous ressentez réellement. Expliquez sans vous justifier votre position et proposez si besoin une alternative. Ce mode d’action ne vous empêche aucunement d’entendre les arguments et sentiments de votre interlocuteur, mais il vous autorise à gagner en estime de vous-même, par le respect que vous vous accordez ainsi. « Dire non à l’autre ne signifie pas rompre avec lui, mais se connecter à soi » confirme Sylvie Grivel.

L’assertivité pour donner des signes de reconnaissance

La culture de l’entreprise française est malheureusement peu encline aux félicitations et remerciements. Nombreux sont les employés à pointer du doigt le manque de reconnaissance de leur hiérarchie ou de leur employeur. Nous ne parlons pas ici de reconnaissance financière, mais de complimenter, de favoriser l’implication, l’autonomie, la formation, d’apporter de la flexibilité horaire, d’offrir de la disponibilité… Tous ces signes de reconnaissance symbolique ne sont pas (et ne doivent pas ) être liés à l’atteinte des objectifs de l’entreprise. « Les signes de reconnaissance les plus forts sont ceux reliés au niveau de l’être » commente Sylvie Grivel. Pour bien faire, il est indispensable d’être sincère, cohérent, d’adapter les signes de reconnaissance à son interlocuteur et de choisir le bon moment. Vous verrez, les bénéfices générés par l’expression de la reconnaissance sont nombreux ! La plupart des problématiques et dysfonctionnements que nous connaissons sont dus aux interactions humaines.

Je laisserais la conclusion à Frédéric Lévy : « Peut-être que l’assertivité est un pare-feu pour limiter ou éviter certains risques psychosociaux ? Peut-être enfin qu’avec des relations assertives et donc assainies, on trouverait plus de bonheur au travail… » .